La clause d’insertion sociale permet d’associer la réalisation d’un marché à un objectif concret d’accès ou de retour à l’emploi.
Grâce à ce dispositif, une commande de travaux, de fournitures ou de service ne répond plus uniquement à un besoin technique ou économique : elle contribue également à construire un parcours professionnel pour des personnes rencontrant une difficulté particulière. L’entreprise titulaire doit alors consacrer une partie de l’exécution du contrat à une action d’insertion, généralement mesurée en heures de travail.
La clause insertion sociale concerne principalement la commande publique, mais elle peut aussi être intégrée volontairement dans un marché privé. Elle constitue ainsi un outil à la disposition d’un acheteur, d’un maître d’ouvrage ou d’une entreprise souhaitant donner une dimension plus inclusive à son activité. Lorsqu’elle est préparée avec précision, elle ne vient pas compliquer artificiellement le projet. Elle organise au contraire la rencontre entre un besoin professionnel, une structure spécialisée et une personne éloignée de l’emploi.
Qu’est-ce qu’une clause d’insertion sociale ?
Une clause d’insertion sociale est une disposition inscrite dans les documents contractuels d’un marché. Elle impose à l’entreprise qui obtient le contrat de réaliser une action favorisant l’accès ou le retour à l’emploi de personnes rencontrant des difficultés sociales ou professionnelles. Cette obligation peut notamment être exprimée sous la forme d’un volume minimal d’heures de travail à effectuer pendant l’exécution du marché. Le guide officiel consacré aux aspects sociaux de la commande publique précise que cette part du contrat doit être consacrée à une action d’insertion professionnelle destinée aux publics éloignés de l’emploi.
La clause ne consiste donc pas simplement à afficher une intention sociale dans un appel d’offres. Elle crée une véritable obligation contractuelle, avec des objectifs, des modalités de suivi, etc... Le titulaire doit pouvoir transmettre les informations nécessaires à l’acheteur ou au facilitateur chargé de contrôler la mise en œuvre du dispositif. Le suivi peut porter sur le nombre d’heures réalisées, les profils accueillis, la nature de l’accompagnement, les actions de formation ou encore les perspectives offertes à la fin du marché.
Les personnes concernées peuvent être des demandeurs d’emploi de longue durée, des jeunes sans qualification, des bénéficiaires de minima sociaux, des habitants de territoires prioritaires ou des personnes en situation de handicap. L’objectif ne se limite pas à proposer quelques heures d’activité. La clause doit, autant que possible, contribuer à un parcours cohérent, permettant au bénéficiaire de développer une compétence, d’acquérir une qualification, de retrouver un rythme professionnel et de se rapprocher d’un emploi durable.
Il est important de distinguer la clause sociale au sens large de la clause d’insertion professionnelle. Une considération sociale peut porter sur l’égalité entre les femmes et les hommes, le commerce équitable, les conditions de travail, la lutte contre les discriminations ou l’inclusion de publics fragiles. La clause d’insertion est une modalité particulière, centrée sur l’accès à l’activité et à l’emploi des personnes qui en sont éloignées. À partir d’août 2026, l’obligation prévue par le Code de la commande publique portera sur la présence d’une condition d’exécution prenant en compte le domaine social ou l’emploi. Elle ne contraindra donc pas systématiquement l’acheteur à utiliser uniquement une clause calculée en heures d’insertion.
Comment une entreprise peut-elle mettre en œuvre la clause ?
L’entreprise dispose de plusieurs solutions pour satisfaire son engagement. Elle peut réaliser une embauche directe en CDI, en CDD ou dans le cadre d’un contrat en alternance. Elle peut également recourir à une mise à disposition de personnel par l’intermédiaire d’une association, d’une entreprise de travail temporaire d’insertion ou d’un GEIQ, c’est-à-dire un groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification. Une autre modalité consiste à confier une partie de la prestation à une structure spécialisée, dans le cadre d’une sous-traitance ou d’un groupement d’opérateurs économiques.
Les entreprises adaptées, les entreprises d’insertion, les ateliers et chantiers d’insertion ainsi que les établissements et services d’aide par le travail peuvent intervenir dans cette organisation. Un ESAT comme Utopi peut ainsi devenir titulaire, cotraitant ou sous-traitant d’un marché lorsque les conditions de la consultation le permettent. Le guide officiel cite explicitement le recours à un ESAT parmi les solutions pouvant être mobilisées dans le cadre d’une action d’insertion.
Cette souplesse est essentielle. Toutes les entreprises ne disposent pas immédiatement d’un service de ressources humaines capable d’identifier un candidat, de vérifier son éligibilité et d’assurer son accompagnement. Le recours à une structure expérimentée permet de répondre à l’obligation sans priver l’entreprise de la maîtrise de son chantier, de ses délais ou de ses exigences de qualité.
La sous-traitance n’exonère cependant pas le titulaire de sa responsabilité. L’entreprise principale reste responsable de la bonne exécution de la clause et de la transmission des justificatifs attendus. Les engagements doivent donc être précisés dans le contrat conclu avec le prestataire. Une collaboration anticipée évite de chercher une solution dans l’urgence, quelques mois avant la fin du marché, lorsque le volume d’heures prévu n’a pas encore été réalisé.
Quel est le rôle du facilitateur ?
Le facilitateur de clause sociale joue un rôle d’interface entre l’acheteur, l’entreprise, les acteurs de l’emploi et les structures d’insertion. Il peut intervenir dès la préparation du marché afin d’évaluer la faisabilité de la clause, de déterminer un objectif réaliste et d’identifier les métiers ou les lots sur lesquels l’action sera pertinente.
Pendant l’exécution, le facilitateur aide l’entreprise à choisir une solution adaptée. Il peut orienter le titulaire vers un GEIQ, une entreprise adaptée, un ESAT ou une autre structure locale. Il vérifie également l’éligibilité des bénéficiaires et accompagne le suivi administratif des heures. Son intervention sécurise la démarche pour le maître d’ouvrage comme pour le prestataire, en évitant de fixer une obligation disproportionnée ou difficilement applicable au regard du secteur, de la durée du contrat ou du bassin d’emploi.
La clause doit en effet rester liée à l’objet du marché et être accessible à tous les opérateurs susceptibles de candidater. Elle ne doit pas créer un avantage injustifié pour une entreprise particulière ni fermer la commande aux TPE et aux PME. L’acheteur doit calibrer son exigence en fonction du montant, de la durée, de la part de main-d’œuvre et de la réalité économique de la prestation. L’appui d’un professionnel de l’insertion est donc recommandé par les documents officiels pour préparer un dispositif efficace et non discriminatoire.
Quelle est l’obligation de clause sociale sur les marchés publics en 2026 ?
En 2026, il faut distinguer deux périodes. Jusqu’au 21 août, le Code de la commande publique permet aux acheteurs d’intégrer des considérations relatives au domaine social, à l’emploi ou à la lutte contre les discriminations dans les conditions d’exécution, mais l’obligation générale issue de la loi Climat et Résilience n’est pas encore entrée en vigueur.
À compter du 22 août 2026, l’article L. 2112-2-1 du Code de la commande publique imposera à l’acheteur de prévoir des conditions d’exécution prenant en compte des considérations relatives au domaine social ou à l’emploi dans les marchés dont la valeur estimée est égale ou supérieure aux seuils européens. Cette règle s’appliquera aux consultations engagées ou aux avis d’appel à la concurrence envoyés à la publication à partir de cette date.
Cette nouvelle obligation ne signifie pas que tous les marchés publics devront obligatoirement imposer un nombre déterminé d’heures d’insertion. L’acheteur pourra satisfaire à son obligation à travers une clause sociale d’insertion, une disposition favorisant l’égalité professionnelle, une exigence liée à l’achat équitable ou encore un marché réservé à certaines structures du secteur du handicap, de l’économie sociale et solidaire ou de l’insertion par l’activité économique.
Le Code prévoit également quatre possibilités de dérogation. L’acheteur pourra ne pas intégrer de condition sociale lorsque le besoin peut être satisfait par une solution immédiatement disponible, lorsque la considération envisagée ne présente pas de lien suffisant avec l’objet du marché, lorsqu’elle risque de restreindre la concurrence ou de rendre l’exécution techniquement ou économiquement difficile, ou lorsqu’il s’agit d’un marché de travaux d’une durée inférieure à six mois. Le recours à une dérogation devra être motivé et conservé dans les documents du marché.
Une commande inclusive illustrée par notre chantier au siège du Groupe Le Duff
La prestation de peinture réalisée par Utopi pour le Groupe Le Duff constitue un exemple concret de collaboration entre une grande entreprise et une structure employant des professionnels en situation de handicap. Les informations publiées par Utopi indiquent que l’atelier peinture de l’ESAT de Saint-Jacques-de-la-Lande a remporté un appel d’offres en 2022 avant d’intervenir au siège social du groupe, notamment dans le hall d’accueil et les bureaux.
Notre vidéo consacrée au chantier montre que la dimension sociale de la prestation ne se substitue pas à l’exigence professionnelle. Avant la mise en peinture, l’équipe analyse les supports, rebouche les trous, réalise les enduits nécessaires, ponce les surfaces et protège les espaces. Les murs sont ensuite dépoussiérés avant l’application de la peinture. Cette succession d’étapes illustre une organisation de chantier complète, avec une répartition claire du travail et un encadrement adapté.
Chez Utopi, nous proposons un service comprenant la préparation et la remise en état des murs et plafonds, les enduits, la peinture intérieure ainsi que la pose de revêtements muraux, de sols PVC ou de moquettes. Les agents sont formés et accompagnés par des professionnels du métier afin de répondre aux attentes des entreprises, des collectivités, des bailleurs sociaux, des centres hospitaliers ou des établissements scolaires.
Faire de la clause sociale un véritable parcours professionnel
La réussite d’une clause ne doit pas être évaluée uniquement à partir d’un nombre d’heures. Sa valeur dépend également de la qualité de l’accueil, de l’encadrement et de la formation proposés. Une mission répétitive de courte durée, sans accompagnement ni perspective, répond peut-être formellement à un objectif quantitatif, mais elle apporte peu au parcours du bénéficiaire.
À l’inverse, une action correctement préparée permet de découvrir un métier, d’acquérir une compétence transférable, d’obtenir une qualification et de retrouver confiance. L’entreprise peut aussi identifier de futurs collaborateurs ou construire un partenariat durable avec une structure de l’insertion ou du handicap. À la fin du marché, le titulaire est d’ailleurs invité à étudier les possibilités de poursuivre l’emploi des personnes accueillies, même si cette réflexion ne constitue pas une obligation de résultat au-delà du contrat.
Pour l’acheteur public, la clause représente un moyen d’utiliser son pouvoir économique au service du territoire. Pour l’entreprise, elle permet de respecter les conditions de la commande tout en renforçant sa politique sociale. Pour le bénéficiaire, elle ouvre une porte vers le monde professionnel. Pour une structure comme Utopi, elle donne l’occasion de valoriser des savoir-faire dans des domaines variés, tout en créant les conditions d’une insertion adaptée aux capacités et aux besoins de chacun.
La clause d’insertion sociale n’est donc ni une formalité administrative ni une contrainte isolée. Lorsqu’elle est pensée avec le facilitateur, le maître d’ouvrage, l’entreprise et les professionnels de l’accompagnement, elle devient un dispositif opérationnel. Elle permet de transformer une dépense en levier d’utilité sociale, de donner du sens à l’exécution d’un marché et de rapprocher durablement la commande publique des enjeux d’emploi, de qualification et d’inclusion.
Clause d’insertion sociale - Utopi